SOMMAIRE EQUITATION EN AMAZONE
95 CHAPITRES

SOMMAIRE EQUITATION EN AMAZONE

 

 

 

 

AVOIR SON CHEVAL A SOI

du rêve à la réalité

VOICI DEUX POINTS DE VUE : LE MIEN ET CELUI D'UNE

ELEVEUSE PATRICIA.

Si l'achat de votre cheval est un rêve que vous allez enfin réaliser financièrement, ce n'est pas l'achat qui revient le plus cher mais bien l'entretien de celui-ci. A moins d'acheter un cheval comme un investissement pour les courses ou l'élevage ou les concours.

Vous devez penser à le loger, à le nourrir, à sa ferrure (toutes les 4 à 5 semaines), à ses soins vétérinaires classiques (vermifuge et vaccins) mais aussi aux petits et gros bobos. A sa garde robe, selle, filet, couverture et autres produits ...Au transport, mais aussi à son assurance, car votre assurance responsabilité civile couvre très rarement les chevaux. D'ailleurs une assurance simple et efficace qui assure le cheval nu comme sellé pour les dégats qu'il pourrait causer, peut être prise en même temps que la carte ANTE. C'est du coût abordable. Vous pouvez aussi assurer votre cheval pour maladie, accident et mortalité.

Si comme je l'espère vous n'êtes pas un "consommateur" de cheval, et qu'un fois que vous aurez acheté votre compagnon, c'est pour toute sa vie, il faut prévoir sa retraite.

Ne vous découragez pas mais songez-y, acheter un cheval, c'est bien l'acte le plus facile, le rendre heureux est beaucoup plus délicat mais l'amour aide beaucoup, ce n'est pas Agnès, Françoise, Nanou et bien d'autres qui diront le contraire.

 

L'ACHAT DE SON CHEVAL

par Marie

Voilà le grand jour arrivé, on va enfin avoir son cheval à soi.

Au moment de l'achat d'EL GATO, mon premier cheval, je n'en voulais plus de cheval. Je venais de perdre mon ami Frac, parti une semaine après la naissance d'Amélie. Il n'était pas vraiment à moi. Son propriétaire me l'avait donné après que l'on ait découvert qu'il souffrait d'ostéite, il continuait à payer pension, vétérinaire et maréchal et moi je profitais de mon gros pépère en le maternant le plus possible, on ne guérit pas de cette affreuse maladie de la 3ème phalange. Je n'ai pas pris la décision de le faire endormir, c'est toujours son vrai propriétaire qu'il l'a fait. Je n'ai été prévenue de son état et de la décision qu'une fois qu'Amélie est née et que j'étais à la clinique. Je n'ai rien pu faire.

 

Alors quand mon mari m'a amenée chez un maquignon, oui oui un maquignon, j'avais l'oeil froid et le coeur sec. Je ne voulais pas de cheval et c'est pour mon mari que j'ai regardé ou plutôt examiné les différents chevaux que cet homme nous proposait pour en faire une bonne monture de promenade.
Nous étions partis avec l'idée d'acheter une jument espagnole grise et nous sommes rentrés avec un hongre bai et trotteur .

Définissez bien quelle discipline vous allez pratiquer avec votre cheval et quelle race vous attire le plus. Le cheval polyvalent ne peut être parfait en tout. Nous mêmes ne le sommes pas, alors pourquoi lui en vouloir ? C'est avant son achat qu'il vous faut déterminer vos critères de recherche.

Donc lorsqu'on passe par un maquignon ou marchand de chevaux, il faut être très vigilant. Si on ne s'y connait pas trop, faites vous accompagner par une amie ou même votre véto.

Comme le dit Patricia, le maquignon a le choix et dans les races et dans les prix mais gare au malheureux bancal bien camouflé. Il est vrai que s'il y a vice rédhibitoire, il y a échange mais comme par enchantement, l'autre cheval a toujours un petit surplus dans son prix.

Essayez le cheval sous la selle mais aussi manipulez le en main avec délicatesse car il se peut qu'il ne connaisse pas trop l'homme ou en ait une mauvaise opinion et il sera sur la défensive.

Dès qu'il arrive, la quarantaine s'il y a d'autres chevaux, on ne sait jamais. El Gato avait en prime la gourme des jeunes chevaux. Il avait toutes les qualités que l'on recherchait comme le physique, bien fait et carré, du sang (apport de sang anglais à une nouvelle lignée de trotteur), il était juste débourré, avait de la présence et comme dirait une grande dame qui était mon amie : il avait le rebond. Pour la haute école, c'est un plus.

Bref on a quand même eu à la visite vétérinaire obligatoire, de fâcheuses surprises qui n'ont fait qu'alourdir son prix d'achat. La visite est aussi importante que le lieu où vous allez mettre votre cheval. Nous ne pouvons être dans son organisme et voir s'il a des problèmes cardiaques ou pulmonaires. Je ne parle ici que de chevaux de loisir et dont la race n'a pas de tares génétiques reconnues comme les selles français de certaines régions qui souffrent pratiquement tous, de maladie naviculaire.

 

On demande tellement à notre époque aux chevaux de compétitions, débutés bien trop tôt en piste, qu'il faut lors de leur achat mettre toutes les garanties de votre côté. J'irai jusqu'à conseiller de choisir votre éleveur et sa méthode de travail avant de choisir votre cheval lorsqu'il s'agit de chevaux de race avec papiers et le prix qui va avec.

Nous n'avons jamais pris d'assurance pour décès ou maladie, nous n'en avions pas les moyens ; par contre nous avions fait une petite caisse soins en cas de pépin.

Quand nous avons acheté El Gato, la première chose que j'ai faite, c'est d'aller voir les vétérinaires des environs pour, en cas de malheur, être sûre qu'ils viendraient et endormiraient mon cheval chez lui. Il n'est pas question d'abattoir.

Si la France a de très bons, voire les meilleurs chevaux : Selle Français, Anglo-arbe et trotteur, hélas les plus performants des chevaux partent à l'étranger car les prix sont énormes.

Pour les trotteurs hélas, il y a beaucoup trop de naissances et le résultat est, que cette merveilleuse race alimente les abattoirs. Pourtant quand vous cherchez à acheter à un éleveur ou un entraineur un cheval trotteur, il ne vous le vend jamais au prix de la boucherie. C'est affreux de préférer laisser partir son cheval pour être mangé que de le vendre à un cavalier modeste qui aurait sû l'aimer et bien s'en occuper (histoire vécue). Pensez aux associations comme Sauve qui Peut.

 

 

Mon deuxième cheval, c'est une amie qui l'a acheté pour moi dans le Midi. Elle l'a trouvé chez un maquignon qui s'est offert la carte d'éleveur de chevaux de couleur et de quarter horse. Pourquoi être passé par une amie, quand bien souvent c'est moi que l'on emmène pour choisir un bon cheval ? A cette époque, nous cherchions une compagne pour El Gato, une pouliche trotteur hors de nos moyens. On construisait notre maison et nous avions déjà un cheval, deux chiens et deux chats. Alors il fallait compter les deniers, sur la région, nous étions en hiver, rien. Pas d'ibériques, pas de trotteurs et les races françaises pour les avoir pratiquées pendant 20 ans ne m'attiraient pas du tout. Le camargue, hormis un poulain de 8 mois, rien. Nous voulions une pouliche de 18 mois, à cette époque, tous les magazines de chevaux ne tarissaient pas l'éloges sur le quarter horse. C'est ainsi que notre amie a trouvé un "éleveur" qui n'avait plus assez de place pour l'hiver pour tous ses chevaux, et qui se débarrassait d'une pouliche half quarter, dont la couleur n'existait pas d'après lui.

On a donc eu CHEYENNE, pas très chouette mais 18 mois et dans nos prix. Son père que l'on a bien voulu nous montrer paraissait très bien dans sa tête pour un étalon.

La visite vétérinaire a été faite sur place par le vétérinaire de ce monsieur.....Et oui, il ne faut jamais faire faire cette visite par le véto de service du vendeur. Heureusement, Cheyenne se portait bien, mais c'est avec force de vitamines, de soins et d'amour, qu'elle est devenue superbe. Au point, qu'elle avait été estimée à 18 000 F sans papier.
Je l'ai éduquée doucement dès le début, en main, puis en longe et aux longues rênes.

Mettre la selle et un cavalier n'a pas posé de problèmes et si elle travaillait dans le rond de longe pour apprendre, dès qu'elle a été montée (4 ans) c'était toujours en promenade derrière El Gato excellent maître d'école. La monte sous la selle était la récompense d'une leçon à pied. Un jeune cheval a du mal à trouver son équilibre dans un petit cercle alors avec un cavalier dessus, c'était le mettre face à des difficultés que son mental ne comprend pas. Les quarters sont des tardifs. C'est vers ses 6 ans que Cheyenne a fait preuve de toutes ses capacités au dressage, aux barres au sol, cavalettis, le trec et la promenade. Hélas Cheyenne avait un problème de dos, et elle est devenue boiteuse chronique (voir chapître ostéopathe et chapître une histoire d'amour)

Notre 3ème cheval : HIDALGO est entré dans notre famille par l'intermédiaire d'un marchand et je dirais plutôt un négociant en chevaux.

Toujours amoureux de nos croisements issus des amours de prairie, nous recherchions un ibérique. El Gato nous ayant prouvé qu'il valait de l'or sur tous les points. En 20 années, le véto n'est venu (hormis les vaccins) que 7 fois pour lui, alors que notre Cheyenne leur avait fait une rente.

Nous sommes allés chez un négociant que j'avais trouvé par téléphone. Il nous prenait Cheyenne sous contrat, et je voulais absolument voir ses installations avant de lui confier notre jument.

Il nous a proposé différents chevaux pleins papiers et sans papiers. Nous étions, mon époux, nos deux filles, une amie et moi même. A chaque cheval sorti, il le sellait et nous montions tous les 4 dessus à tour de rôle. Sauf Audrey qui a passé tout son temps avec une ponette qui avait une fourbure, elle était en liberté et tenait le rôle de tondeuse et de nounou.

Les chevaux qu'il nous a présentés, étaient bien mais je n'accrochais pas, il nous faut un cheval familial en premier et mes aspirations de haute école viennent après ; un 3 ans juste débourré gris, magnifique, un peu vert me séduisait mais avec les filles, il aurait fallu du temps avant qu'elles puissent le monter, et nous voulions faire des promenades. Faut dire que nous étions au mois de juillet et qu'à cette période, Câline a rejoint le groupe pour 3 mois. Cheyenne étant hors course, il nous fallait un troisième cheval gentil et montable dans de bonnes conditions.
C'est là au fond du pré, devant les installations très propres, que j'ai vu un tas de boue. Il avait plu la veille et le petit cheval aux longs crins très fins était un vrai cochon. Mais c'est celui là que je voulais voir de plus près.
Notre hôte l'a pris, passé à la douche, sans ménagement il faut l'avouer, de l'eau sur la tête, dans les oreilles et un bon coup de jet sur le reste du corps, aucune défense du cheval, c'était surprenant.
Un fois devant nous, il était bien maigre mais Monsieur Fort m'avait prévenu qu'il ne désirait pas nous le vendre car c'était un cheval qui avait été bousculé et avait besoin de se refaire une santé moralement et physiquement.

AVANT (14 juillet 99)

APRES (février 2000)

AUJOURD'HUI LES CRINS ONT REPOUSSE (juillet 2000)

J'ai voulu l'essayer, comme avec ses précédents collègues d'écurie, je suis partie seule dans un chemin bordé de grands champs ouverts à perte de vue. Aux trois allures, sans toucher aux rênes, juste à la voix, un fauteuil, confortable, un peu brouillon mais gentil.
Mon mari et mon amie l'essayent aussi, je fais part de mes observations que lorsque tout le monde l'a essayé. Pendant nos bavardages, cela faisait déjà bien deux heures que nous étions là. Je n'avais pas vu Amélie qui dans son coin avait eu le coup de foudre, et sans rien demander à personne, était montée sur le cheval et elle lui faisait faire des tours dans la cour loin de nos regards.

Nos choix s'étaient reportés sur 3 chevaux : un 3 ans magnifique mais trop vert pour le reste de la famille, un 4 ans idéal pour un homme avec dressage ibérique dont je n'ai jamais trouvé les boutons, (il ne me plaisait pas et c'était manifestement réciproque) et le dernier, au fait où était le petit dernier ? Même notre négociant qui pensait sincèrement que ce cheval pouvait être dangereux pour nos filles du fait de sa grande peur de tout, est resté "interdit" en la voyant se ballader dessus. Notre couple était magnifique, Amélie rayonnante, le message était clair. Ce cheval avait des défauts non cachés par son vendeur mais nous étions prêts à les assumer.

Hidalgo est arrivé le lendemain à la maison, il a eu sa visite vétérinaire avec vaccins, vermifuges même le véto a trouvé qu'il avait de la gueule comme pour tous ceux qui l'ont vu, le mouvement permanent de ses oreilles et son éveil sont surprenants. Il a la reconnaissance du ventre et tous les jours, il nous apporte des surprises agréables. Après une mise en confiance de 6 mois, le dentiste est venu car en Espagne son pays d'origine, il a eu une dent cassée, ensuite l'ostéopathe, il avait bloqué des cervicales et arrière main. Aujourd'hui, il a pris les 60 kg qui lui manquaient et plus. Je le prépare avec facilité à la haute école. Il nous fait déjà la révérence et la mise à genou marque d'une grande confiance. En amazone, il est superbe.

Comme quoi, quand vous achètez un cheval, d'où qu'il vienne, prenez tout en compte, l'éleveur et sa méthode d'élevage *, le négociant ou le maquignon, le club ou l'ami mais aussi la race, essayez de voir les parents, le physique, le mental, ses qualités et ses défauts, le prix ne faisant jamais preuve des qualités que vous recherchez. Autorisez vous 50 % de bons calculs de tous ses indices et les 50 % qui restent, laissez parler votre coeur, regardez votre futur cheval dans les yeux. Les animaux ne savent pas mentir, ils ont leur langage.

* La méthode de l'élevage : la tendance revient au naturel mais beaucoup d'éleveurs font de la quantité et séparent les foals de 6 mois de leur maman trop vite. Tous les éthologues sont d'accord pour confirmer que les mères apprennent beaucoup à leur poulain. Dans des pays comme le Portugal, on conserve des méthodes traditionnelles tel que la monte en liberté et on laisse les poulains avec leur mère jusqu'à leur puberté. Ainsi ils deviennent équilibrés mentalement et socialement. De plus du fait que l'étalon sans la contrainte de l'homme puisse faire sa cour normalement, les jeunes pouliches vivent leur grossesse sans problème psychique, les pouliches étant insiminées artificiellement, ne comprennent pas leur état et ont un comportement très différent avec leur poulain, elles le rejettent surtout si l'accouchement a été difficile ou le négligent, voir le tuent. Le premier accouplement devrait toujours se faire de façon naturelle, par la suite l'insimination n'a plus les mêmes effets néfastes sur le mental.
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